Face à la multiplication des épisodes de fortes pluies et des inondations, le Togo veut renforcer sa capacité à anticiper les catastrophes plutôt qu’à seulement y répondre. Réunis à Lomé ce jeudi 20 Août autour de la consultation nationale sur l’initiative des Nations unies « Alerte précoce pour tous » (Early Warnings for All – EW4ALL), les acteurs publics et les partenaires techniques ont appelé à la mise en place d’un système national intégré, capable d’identifier les risques, de diffuser rapidement les alertes et de préparer les populations à agir.
Les fortes précipitations enregistrées en juin dernier dans plusieurs pays de la sous-région, dont le Togo, ont une nouvelle fois mis en évidence la vulnérabilité des populations face aux phénomènes météorologiques extrêmes. Pertes en vies humaines, dégâts matériels et perturbations économiques et sociales ont rappelé l’importance de disposer de mécanismes efficaces d’anticipation. Pour le gouvernement togolais, l’enjeu est désormais de passer d’une logique essentiellement réactive à une véritable politique de prévention et de gestion des risques.
Prenant la parole lors de la rencontre, le secrétaire général du ministère de la Sécurité et de la Protection civile, le commissaire divisionnaire Kadja Hodabalo-Pitemnéwé, a souligné la nécessité de construire une chaîne nationale allant de la connaissance du risque jusqu’à l’intervention sur le terrain. Il a notamment insisté sur les quatre piliers de l’initiative EW4ALL : la connaissance et l’analyse des risques ; l’observation, la surveillance et la prévision ; la diffusion rapide et accessible des alertes ; ainsi que la préparation et les capacités de réponse des populations et des institutions.
Sur le plan technologique, l’un des principaux dispositifs envisagés repose sur la diffusion cellulaire (Cell Broadcast). Selon Manuel Tahyo, coordonnateur Afrique du pilier 3 de l’initiative EW4ALL, cette technologie doit permettre d’envoyer directement des alertes aux téléphones mobiles situés dans une zone exposée, sans nécessiter d’abonnement particulier. Les autorités entendent toutefois compléter ce dispositif numérique par les canaux traditionnels, notamment les radios communautaires, les sirènes et les moyens de communication utilisés localement par les communautés. L’objectif est ainsi de ne laisser à l’écart ni les populations sans accès à Internet ni celles qui disposent de téléphones basiques.
La mise en œuvre de l’initiative devrait également permettre de renforcer les capacités nationales dans les quatre domaines prioritaires. Il s’agit notamment de cartographier les risques et d’intégrer les connaissances locales, d’améliorer les systèmes hydrométéorologiques de surveillance et de prévision, de moderniser les mécanismes de diffusion des alertes et de renforcer la préparation des communautés. Le gouvernement entend également consolider les dispositifs existants, notamment la plateforme nationale de gestion des catastrophes et le Centre national des opérations d’urgence de l’Agence nationale de la protection civile. Pour Lomé, cette démarche doit déboucher sur une feuille de route nationale réaliste, financée, assortie de responsabilités précises et d’indicateurs de résultats. L’ambition affichée est claire : faire du Togo un pays mieux informé, mieux préparé et mieux protégé face aux catastrophes.



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