Volontariat en Afrique de l’Ouest : Lomé accueille le 8ᵉ Forum des Agences Nationales de Volontariat de la CEDEAO

La capitale togolaise abrite du 2 au 4 juin 2026 le 8ᵉ Forum des Agences Nationales de Volontariat des États membres de la CEDEAO. Cette rencontre régionale réunit les responsables des structures nationales de volontariat, les institutions communautaires, les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations internationales engagées dans la promotion de l’engagement citoyen des jeunes.
Placée sous le thème « Du savoir à l’action : des outils concrets et des données fiables pour renforcer la place du volontariat dans l’espace CEDEAO », cette édition vise à renforcer les mécanismes de gouvernance du volontariat à travers l’harmonisation des outils de collecte de données, l’amélioration des systèmes de suivi-évaluation et la promotion de la mobilité des jeunes volontaires dans la sous-région.
Ouvrant les travaux au nom du gouvernement togolais, le ministre délégué chargé du Développement des territoires, Abdul-Fadh Fofana, a souligné que ce forum intervient dans un contexte particulier marqué par la célébration du cinquantenaire de la CEDEAO. Il a rappelé que l’intégration régionale, la paix et la solidarité demeurent des piliers essentiels du développement communautaire.
Selon lui, le volontariat représente aujourd’hui un puissant instrument de participation citoyenne, d’inclusion sociale et de renforcement de l’employabilité des jeunes. Face aux défis sécuritaires, économiques et sociaux auxquels la région est confrontée, les États doivent davantage valoriser le potentiel et la créativité de leur jeunesse.
Le ministre a également insisté sur l’importance stratégique de la mobilité des jeunes volontaires au sein de l’espace communautaire. « Faciliter cette mobilité, c’est renforcer les échanges entre les peuples, promouvoir le brassage culturel et consolider davantage le processus d’intégration régionale », a-t-il déclaré.
Abordant l’expérience togolaise, Abdul-Fadh Fofana a rappelé l’engagement du gouvernement en faveur du volontariat sous l’impulsion du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. Il a notamment évoqué la mise en œuvre du Programme de Renforcement de l’Engagement et de l’Employabilité des Jeunes à travers le Volontariat (PREEJV), qui ambitionne d’ici 2028 d’impliquer plus de 135 000 jeunes dans des actions de développement communautaire tout en favorisant leur autonomisation socio-économique.
Pour sa part, le Directeur général de l’Agence Nationale du Volontariat au Togo (ANVT), Omar Agbangba, a précisé que cette huitième édition permettra de faire le point sur les recommandations formulées lors du précédent forum tenu en Sierra Leone et d’évaluer leur niveau de mise en œuvre dans les différents pays membres.
Les participants examineront également les outils de gestion et de traitement des données relatives au volontariat afin d’améliorer la mesure de son impact dans les États membres. À l’issue des travaux, de nouvelles recommandations seront adoptées pour orienter les actions des agences nationales jusqu’à la prochaine édition.
Le responsable de l’ANVT a également évoqué les défis auxquels les structures de volontariat demeurent confrontées. Parmi ceux-ci figurent les contraintes financières, les disparités juridiques entre les États ainsi que les difficultés liées à la mobilité des volontaires à l’échelle régionale.« Les textes législatifs ne sont pas harmonisés dans tous les pays. Cela constitue parfois un obstacle à la circulation et à l’engagement des jeunes volontaires dans les États voisins », a-t-il expliqué.
S’exprimant au nom du Centre de Développement de la Jeunesse et des Sports de la CEDEAO, Francis Toh Agwani, directeur de l’institution, a rappelé que l’idée de ce forum est née à Lomé il y a près d’une décennie. Depuis lors, la rencontre est devenue un cadre privilégié de partage d’expériences et de concertation entre les acteurs du volontariat de la région.
Selon lui, l’un des principaux enjeux de cette édition réside dans la mise en place d’un cadre harmonisé de collecte et d’exploitation des données statistiques relatives au volontariat. « Aujourd’hui, tous nos pays déploient des programmes de volontariat, mais nous ne disposons pas encore d’outils suffisamment harmonisés pour mesurer concrètement leur impact sur les communautés et sur le développement de nos économies », a-t-il indiqué.
Le responsable communautaire estime qu’une meilleure production de données permettra d’évaluer plus efficacement la contribution des volontaires aux objectifs nationaux et régionaux de développement, tout en renforçant la visibilité des résultats obtenus sur le terrain.
Au terme des trois jours de travaux, les participants devraient adopter plusieurs outils communs de collecte de données, définir de nouveaux mécanismes de reporting et formuler des propositions concrètes visant à faciliter la mobilité des jeunes volontaires dans l’espace communautaire. Le forum devra également désigner le pays hôte de la neuvième édition, appelée à poursuivre la dynamique de coopération engagée entre les agences nationales de volontariat de la CEDEAO.
À travers cette rencontre, la CEDEAO et ses partenaires entendent faire du volontariat un véritable levier d’intégration régionale, de développement durable et d’autonomisation de la jeunesse ouest-africaine.
La rédaction








