Lors de la présentation, mardi 25 août 2026 à Lomé, d’un mémorandum porté par des partis de l’opposition, des organisations de la société civile et des représentants de la diaspora, le professeur Komi Wolou a défendu la nécessité d’une transition politique au Togo. Pour lui, le pouvoir actuel se trouverait dans une situation qu’il qualifie d’«infraction continue » et dont la fin devrait, selon lui, ouvrir la voie à une nouvelle gouvernance fondée sur la souveraineté populaire.
Le ton était particulièrement ferme, mardi 25 août à Lomé. Répondant aux questions des journalistes à l’issue de la présentation du mémorandum pour une sortie de crise au Togo, le professeur Komi Wolou a livré une lecture sans concession de la situation politique du pays. Pour l’universitaire et Secrétaire National du PSR , la première étape d’une sortie de crise consiste à mettre fin à ce qu’il présente comme une situation d’« infraction » imputable au régime en place. «Ce régime va partir, c’est comme ça que ça va se terminer », a-t-il déclaré, estimant que le maintien au pouvoir du régime actuel constitue, selon son analyse juridique, une « infraction continue ». Il explique cette notion par le fait que, tant que la situation qu’il dénonce perdure, « l’infraction » se poursuit également. Une qualification qui constitue le fondement de son plaidoyer en faveur d’un changement de régime.
Mettre fin à « l’infraction »
Sans avancer de calendrier précis, Prof WOLOU s’est toutefois montré catégorique sur l’issue qu’il envisage. « Je ne peux pas vous dire que c’est demain, mais cette infraction prendra fin », a-t-il affirmé
Derrière cette déclaration se dessine une exigence politique centrale : mettre un terme à la situation actuelle avant d’engager un véritable processus de reconstruction institutionnelle. Pour lui, il serait illusoire de prétendre résoudre les difficultés politiques du pays sans s’attaquer d’abord à ce qu’il considère comme leur cause fondamentale.«Le préalable, c’est que ce régime cesse, on ne peut rien apprendre de plus. C’est une évidence », a-t-il martelé. L’objectif, poursuit-il, est de parvenir à une nouvelle organisation politique reposant sur « la souveraineté du peuple » et permettant l’émergence de nouveaux dirigeants.
La transition comme voie de sortie
Dans cette perspective, la transition politique occupe une place centrale dans le scénario défendu par le professeur Komi Wolou et les signataires du mémorandum. Il ne s’agirait pas simplement, selon lui, d’un changement à la tête de l’État, mais d’une période destinée à permettre au pays de passer d’une situation jugée anormale à un fonctionnement institutionnel qu’il qualifie de « normal ».« Il faudra une période transitoire, donc une transition qui nous permette de passer de cette situation d’infraction au rétablissement d’une situation normale », a-t-il expliqué.
Cette transition devrait, dans son entendement, créer les conditions nécessaires à l’avènement d’un nouveau gouvernement et au rétablissement d’un ordre politique fondé sur la volonté populaire. Le mécanisme envisagé repose donc sur trois étapes : mettre fin au régime actuel, organiser une période de transition et permettre ensuite l’installation de nouveaux dirigeants.
Un mémorandum comme proposition de sortie de crise
Ces déclarations interviennent dans le cadre de la présentation d’un mémorandum consacré à la recherche d’une sortie de crise politique au Togo. Le document réunit plusieurs composantes de l’opposition, de la société civile et de la diaspora, qui proposent une démarche politique articulée autour d’une transition.
À travers son intervention, le Prof WOLOU entend ainsi donner une justification à cette proposition : la transition ne serait pas, dans son analyse, une fin en soi, mais un mécanisme temporaire destiné à rétablir les conditions d’un exercice effectif de la souveraineté populaire.Reste désormais la question essentielle de la mise en œuvre d’un tel scénario : quelles institutions devraient conduire la transition, selon quelles règles, pour quelle durée et avec quelles garanties ?
Autant d’interrogations qui devront être précisées si la proposition portée par les signataires du mémorandum entend dépasser le stade de la revendication politique pour devenir une véritable feuille de route de sortie de crise.
Il faut rappeler que ce memorandum fait suite à une décision de la Cour de justice de la CEDEAO rendue le 29 Janvier 2026, qui qualifie la réforme constitutionnelle de 2024 de « changement inconstintionnel de gouvernement», et rappelle qu’elle viole l’article 23 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (CADEG).
La rédaction



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