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JOAAI 2026 : À Lomé, l’audit interne ouest-africain veut devenir un acteur stratégique de la transformation

Une communauté régionale réunie autour des nouveaux défis de la gouvernance

Lomé accueille, du 23 au 25 septembre 2026, la 4e édition des Journées Ouest-Africaines de l’Audit Interne. Organisée par l’Institut Togolais des Auditeurs et Contrôleurs Internes (IIA-Togo), cette rencontre officiellement lancée ce Jeudi 24 septembre, réunit des professionnels venus d’une dizaine de pays de la sous-région. Après la Côte d’Ivoire, le Bénin et le Mali, le Togo accueille à son tour cette grande rencontre consacrée à l’évolution de la profession.

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Placée sous le thème « Audit interne, acteur stratégique de la conduite du changement et de la transformation des organisations publiques et privées de l’Afrique de l’Ouest », l’édition 2026 entend favoriser le partage d’expériences et renforcer les compétences des professionnels face aux mutations qui affectent les organisations.

Le Togo mise sur une gouvernance plus exigeante

Dans son discours, le président de l’IIA-Togo , Elfried Komlanvi MIDOKPOE a salué les réformes engagées par les autorités togolaises en matière de modernisation de l’administration publique, de gestion des finances publiques et de renforcement des mécanismes de contrôle. Il a notamment souligné que la nouvelle Feuille de route gouvernementale 2026-2031 inscrit l’action publique dans une logique accrue de redevabilité, de suivi-évaluation et de performance.

Ces orientations confortent la nécessité de disposer de fonctions d’audit interne capables d’accompagner les transformations institutionnelles. « L’audit interne contribue à la maîtrise des risques, au renforcement des dispositifs de contrôle, à la fiabilité de l’information et à l’amélioration de la performance des organisations », a rappelé Mr MIDOKPOE

De la vérification à l’aide à la décision

L’évolution de la profession constitue l’un des principaux enjeux de ces Journées. Pour le président de l’IIA-Togo, l’auditeur interne ne peut plus se limiter à vérifier a posteriori les opérations réalisées. Il doit désormais être en mesure d’éclairer la décision, d’anticiper les risques et de contribuer à l’amélioration des processus, tout en préservant son indépendance et son objectivité.

S’appuyant sur les travaux de Victor Z. Brink et de Lawrence B. Sawyer, il a rappelé la nécessité pour l’audit interne de constituer une véritable fonction au service de l’organisation. « L’audit interne ne peut plus être considéré comme une fonction chargée uniquement de vérifier ce qui a été fait. Il doit être capable d’éclairer la décision, d’anticiper les risques et de contribuer à l’amélioration des processus », a-t-il déclaré.

Numérique, intelligence artificielle et risques émergents

La transformation numérique et l’essor de l’intelligence artificielle imposent également de nouvelles exigences aux professionnels. L’auditeur interne est désormais appelé à comprendre des environnements technologiques complexes, à dialoguer avec les responsables informatiques, les gestionnaires des risques, les juristes, les financiers et les opérationnels, tout en conservant son jugement professionnel.

Cette évolution rapproche la fonction de la notion de « trusted advisor », ou conseiller digne de confiance, popularisée par Richard Chambers. « L’auditeur interne doit pouvoir dire ce que les dirigeants ont besoin d’entendre, même lorsque ce n’est pas nécessairement ce qu’ils souhaitent entendre », a insisté le président de l’IIA-Togo, faisant de l’indépendance une condition essentielle de la valeur ajoutée de la profession.

Trois jours d’échanges entre dirigeants, auditeurs et experts

Le programme de cette 4e édition a été conçu pour favoriser le dialogue entre les organes de gouvernance, les dirigeants et les professionnels de l’audit. La première journée, consacrée aux administrateurs et aux directeurs généraux, a permis d’aborder leurs attentes vis-à-vis de l’audit interne et les conditions nécessaires à l’exercice efficace de cette fonction. Les 24 et 25 septembre sont consacrés aux auditeurs, inspecteurs, responsables du contrôle interne, de la conformité, du contrôle permanent et aux risk managers.

Conférences plénières, panels et ateliers pratiques portent notamment sur la transformation numérique, l’intelligence artificielle, la gouvernance, la maîtrise des risques, la transparence et la lutte contre la corruption. « Notre ambition est que ces journées ne soient pas une succession d’exposés, mais un véritable espace de confrontation des expériences et de montée en compétence », a expliqué le président de l’Institut.

Préparer l’avenir de la profession en Afrique de l’Ouest

Au-delà des échanges techniques, l’IIA-Togo entend inscrire ces Journées dans une dynamique durable de professionnalisation de l’audit interne au Togo et dans la sous-région. Formation, éthique, partage des meilleures pratiques et accompagnement des jeunes professionnels figurent parmi les priorités mises en avant. L’Institut accorde notamment une place importante à la relève, avec la participation d’étudiants et de jeunes professionnels. « Une profession qui ne prépare pas ses générations futures compromet son propre avenir », a affirmé le président de l’IIA-Togo.

À travers cette rencontre, les professionnels de l’audit interne entendent ainsi renforcer leur communauté régionale et construire une fonction davantage capable d’accompagner les mutations des organisations publiques et privées. « Les risques auxquels nos organisations sont confrontées dépassent les frontières nationales. Notre capacité à y répondre doit donc également dépasser ces frontières », a-t-il conclu.

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