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Crise politique au Togo : l’opposition et la société civile réclament une transition après l’arrêt de la CEDEAO

Au Togo, plusieurs partis de l’opposition, organisations de la société civile, mouvements citoyens et représentants de la diaspora togolaise proposent une transition politique comme voie de sortie de la crise institutionnelle au Togo. Dans un mémorandum rendu public ce mardi 25 août 2026, mais daté du 12 août, les signataires s’appuient sur l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO concernant la réforme constitutionnelle de 2024 pour réclamer le rétablissement de l’ordre constitutionnel, des réformes institutionnelles et un accompagnement de la communauté internationale.

Une coalition hétéroclite derrière le mémorandum.

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Le document réunit plusieurs formations politiques et organisations engagées dans la contestation du pouvoir en place. Parmi les signataires figurent notamment l’Association des victimes de torture au Togo (ASVITTO), la Coalition de la diaspora togolaise pour l’alternance et la démocratie (CODITOGO), la Ligue togolaise des droits de l’homme (LTDH), l’ADDI, l’ANC, la CDPA, Les Démocrates, les DSA, les FDR et le PSR. Des regroupements de la société civile et mouvements citoyens, dont le CNCC, la Dynamique Monseigneur Kpodzro, la Dynamique pour la majorité du peuple et « Touche Pas À Ma Constitution », se sont également associés à la démarche. Leur objectif commun est de proposer une réponse politique à ce qu’ils considèrent comme une crise institutionnelle persistante.

La réforme constitutionnelle de 2024 au cœur de la contestation.

Dans leur argumentaire, les signataires replacent la situation actuelle dans une longue séquence de réformes et de crises politiques, allant de la Constitution de 1992 aux révisions de 2002 et 2019, en passant par la crise de 2005 et les mobilisations de 2017-2018. Mais c’est surtout la nouvelle Constitution adoptée en 2024 qui constitue, selon eux, le point de rupture. Ils contestent notamment la nouvelle architecture institutionnelle et le mode de désignation du chef de l’État. À leurs yeux, cette transformation aurait profondément modifié les règles du jeu politique et affaibli les conditions d’une alternance démocratique.

La transition, principal scénario de sortie de crise.

Le mémorandum ne se limite pas à demander une révision des institutions existantes. Ses auteurs proposent l’ouverture d’une période de transition politique destinée, selon eux, à rétablir l’ordre constitutionnel et à engager une refondation institutionnelle. Ils préconisent notamment des réformes politiques et électorales, le renforcement de la séparation des pouvoirs, la garantie des libertés publiques et une réforme des forces de défense et de sécurité. Le document évoque également la question des détenus politiques, le retour des exilés et la prise en compte des urgences sociales et sécuritaires.

Un retour à la Constitution du 14 Octobre 1992 et un appel à l’extérieur.

Parmi les propositions les plus sensibles figure le retour à la Constitution du 14 Octobre 1992, présenté par les signataires comme la conséquence logique de leur lecture de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO rendu le 29 Janvier dernier. Ils souhaitent également une implication accrue des partenaires internationaux. La CEDEAO, l’Union africaine, l’Union européenne, les États-Unis et les Nations unies sont appelés à accompagner le processus qu’ils préconisent, notamment sur la base des instruments régionaux et internationaux relatifs à la démocratie, aux élections et à la gouvernance. Cette demande vise à donner une dimension internationale à la recherche d’une solution à la crise.

Quelle réponse du pouvoir et des organisations régionales ?

En appelant à une mobilisation citoyenne, les signataires veulent transformer l’arrêt de la juridiction communautaire en levier d’une nouvelle séquence politique. Leur démarche pose toutefois plusieurs questions : le pouvoir togolais acceptera-t-il d’engager un dialogue sur les propositions formulées ? La CEDEAO et l’Union africaine considéreront-elles ces revendications comme une base crédible de règlement de la crise ? Et surtout, quelles seraient les modalités, la durée et les garanties d’une éventuelle transition ?

Pour l’heure, le mémorandum marque surtout une volonté de l’opposition et de la société civile de replacer la question de l’ordre constitutionnel et de l’alternance au centre du débat politique togolais.

Ocansey K.

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