Le Togo au cœur d’une réforme régionale de la gestion des risques alimentaires
Lomé accueille, les 29 et 30 juillet 2026, un atelier régional stratégique consacré au lancement du processus d’élaboration des procédures du guichet « Financement des risques » du Mécanisme global de financement des interventions de la Réserve régionale de sécurité alimentaire (RRSA). Organisée par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), à travers son Agence régionale pour l’agriculture et l’alimentation (ARAA), cette rencontre rassemble plus de 70 représentants des États membres, des institutions régionales, des partenaires techniques et financiers ainsi que des organisations spécialisées dans la sécurité alimentaire et la gestion des risques en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
Une réponse régionale face à la multiplication des crises.
Dans son discours d’ouverture, le Directeur de cabinet du ministère de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire, Konlani Dindiogue, a rappelé que l’Afrique de l’Ouest fait face à une accumulation sans précédent de crises climatiques, économiques, sanitaires et sécuritaires qui fragilisent durablement les systèmes alimentaires. Selon lui, les effets combinés du changement climatique, des conflits, des pandémies et de la volatilité des marchés mondiaux accentuent l’insécurité alimentaire et compromettent les moyens de subsistance de millions de personnes. Il a insisté sur la nécessité de passer d’une logique de réaction aux crises à une approche fondée sur l’anticipation, la prévention et le renforcement de la résilience.

Le guichet « Financement des risques », une innovation majeure
Le futur guichet « Financement des risques » constitue l’une des principales innovations de la réforme de la Réserve régionale de sécurité alimentaire. Présenté comme un instrument moderne de financement et de transfert des risques, il permettra de mobiliser rapidement des ressources en cas de catastrophes naturelles ou de chocs majeurs grâce à des mécanismes innovants tels que les assurances souveraines, les obligations catastrophes et d’autres outils paramétriques. L’objectif est d’assurer une réponse plus rapide, plus prévisible et plus efficace que les dispositifs traditionnels afin de protéger les populations les plus vulnérables.
Une réforme construite sur l’expérience des États et des partenaires.
Pour le Directeur exécutif de l’ARAA, Konlani Kanfitin, cet atelier marque le point de départ d’un processus participatif visant à élaborer un manuel de procédures solides pour le fonctionnement du nouveau guichet. Les participants auront pour mission d’harmoniser leur compréhension des enjeux, de partager les expériences nationales en matière de gestion des risques et de définir les principes de gouvernance, les modalités de financement, les critères de déclenchement des interventions ainsi que les mécanismes de suivi, de communication et de redevabilité. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la révision de la Stratégie régionale de stockage de sécurité alimentaire engagée par la CEDEAO après plus d’une décennie de mise en œuvre.

Le Togo met en avant ses réformes agricoles et sa résilience
Le choix de Lomé pour accueillir cette rencontre traduit la reconnaissance des efforts entrepris par le gouvernement togolais en matière de sécurité alimentaire. Les autorités ont présenté plusieurs réformes structurantes engagées sous l’impulsion du Président du Conseil, notamment le développement des aménagements hydro-agricoles, la promotion de variétés agricoles résilientes, la modernisation des systèmes d’information climatique, le renforcement de l’assurance souveraine contre les risques climatiques ainsi que la création de l’Agence nationale de la sécurité alimentaire. Ces initiatives s’inscrivent dans le Programme de modernisation de l’agriculture pour la période 2025-2034, qui ambitionne de faire de l’agriculture un levier de croissance inclusive, de résilience et de souveraineté alimentaire.
Vers une gouvernance régionale plus efficace des risques
Au-delà de l’élaboration d’un simple manuel de procédures, les travaux de Lomé visent à jeter les bases d’un mécanisme régional crédible, fondé sur la transparence, la solidarité, la confiance mutuelle et la redevabilité. Les représentants des ministères de l’Agriculture des États membres de la CEDEAO, aux côtés de la Banque mondiale, de l’Union européenne, de l’Agence française de développement, de la coopération espagnole, du CILSS, du CORAF, de l’UEMOA et de plusieurs autres partenaires, contribueront à définir un cadre opérationnel capable d’améliorer durablement la gestion des crises alimentaires dans la région.
Une nouvelle étape pour la souveraineté alimentaire régionale
À travers cette initiative, la CEDEAO confirme sa volonté de renforcer les capacités de ses États membres à anticiper, financer et gérer les crises alimentaires dans un contexte marqué par l’intensification des risques climatiques, sanitaires et géopolitiques. En dotant la Réserve régionale de sécurité alimentaire d’un mécanisme innovant de financement des risques, l’organisation régionale entend consolider la solidarité communautaire et garantir une protection plus efficace des populations les plus exposées. Les conclusions attendues de l’atelier de Lomé devraient ainsi ouvrir la voie à l’opérationsation d’un instrument appelé à devenir un pilier de la résilience alimentaire en Afrique de l’Ouest.
La rédaction



Laisser un commentaire