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Langue des signes : l’AST réclame une meilleure reconnaissance des droits des personnes sourdes au Togo

À l’occasion de la Semaine mondiale des personnes sourdes, célébrée du 21 au 27 septembre 2026, l’Association des personnes sourdes du Togo (AST) a organisé, vendredi 25 septembre à Lomé, une conférence de presse consacrée aux droits humains de la communauté sourde. Placée sous le thème mondial « Déclarer les droits humains des personnes sourdes » et déclinée au Togo sous celui d’« Affirmer les droits fondamentaux des personnes sourdes », la rencontre a permis à l’association de présenter cinq principales revendications. L’AST demande notamment une reconnaissance juridique de la Langue des Signes Togolaise (LST), un accès inclusif à l’éducation, aux services d’interprétation, à l’emploi et à l’information, ainsi qu’une meilleure prise en compte des personnes sourdes dans les politiques publiques et les médias.

L’AST veut faire de la langue des signes un droit effectifRéunis à Lomé le 25 septembre, les responsables de l’Association des personnes sourdes du Togo ont voulu placer la question des droits de la communauté sourde au cœur du débat public. Présidée par Passoki Djanta Marcel, la conférence de presse a notamment porté sur l’accès à la Langue des Signes Togolaise (LST), considérée par l’association comme un élément essentiel de l’éducation, de la communication, de l’accès à l’information et de la participation citoyenne. « La langue des signes n’est pas une faveur, c’est un droit. C’est une langue à part entière, le pilier essentiel de notre dignité et de notre citoyenneté », a déclaré le président de l’AST.

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Pour l’association, les difficultés d’accès à la langue des signes peuvent avoir des conséquences dans plusieurs secteurs, notamment l’éducation, la santé, la justice, l’emploi et l’accès à l’information. Elle appelle donc les pouvoirs publics à accélérer la reconnaissance juridique de la Langue des Signes Togolaise et à favoriser la disponibilité d’interprètes professionnels dans les administrations et les services essentiels.

Cinq revendications au cœur du plaidoyer

L’AST articule son plaidoyer autour de cinq principales revendications. La première concerne le droit à la langue des signes, avec la possibilité pour les personnes sourdes de l’apprendre, de l’utiliser et de bénéficier de sa reconnaissance.

La deuxième porte sur l’accès à une éducation inclusive et de qualité. L’association plaide notamment pour un enseignement adapté aux enfants sourds, dispensé en langue des signes par des enseignants suffisamment formés.

Le troisième axe concerne l’accessibilité et les services d’interprétation. Les établissements de santé, les tribunaux, les commissariats, les établissements scolaires et universitaires ainsi que les médias sont particulièrement concernés.« Un enseignant n’est pas un interprète. L’interprétation est un métier qui garantit la précision, la confidentialité et la dignité », souligne l’AST.

Le quatrième volet concerne l’accès au travail et la participation citoyenne. Le cinquième porte sur la protection des personnes sourdes en situation d’urgence, de crise sanitaire ou de catastrophe, à travers un accès rapide à des informations compréhensibles en langue des signes.

Les médias appelés à renforcer l’accessibilité

Le plaidoyer de l’AST s’adresse également aux médias. L’association souhaite que les programmes d’information et les grands événements bénéficient davantage de dispositifs d’accessibilité, notamment par l’intégration d’une fenêtre d’interprétation professionnelle en langue des signes lors des journaux télévisés et des événements d’intérêt national.« Vous êtes le relais de nos voix et de nos signes auprès de la nation et des décideurs », a lancé Passoki Djanta Marcel.

L’association appelle par ailleurs les familles à s’impliquer davantage dans l’apprentissage de la langue des signes. Elle invite également la société togolaise à dépasser une approche reposant principalement sur la compassion, pour privilégier une conception fondée sur les droits, l’égalité et la participation.

1976-2026 : l’AST célèbre cinquante ans de langue des signes au Togo

La mobilisation de l’AST intervient également dans un contexte particulier pour la communauté sourde togolaise. Selon l’association, l’introduction de la langue des signes au Togo remonte à octobre 1976, sous l’impulsion du Dr Andrew Foster.

L’AST considère cette période comme une étape importante dans l’histoire de la communauté sourde du pays, notamment en raison de son influence sur le développement de l’éducation spécialisée, l’organisation associative et l’intégration sociale des personnes sourdes.

L’année 2026 marque ainsi, selon l’association, le cinquantième anniversaire de la Langue des Signes au Togo. Pour marquer cet anniversaire, une célébration en différé de la Semaine mondiale des personnes sourdes est annoncée pour le 16 octobre 2026, à partir de 8 h 30, à la grande salle de l’Agora Senghor de Lomé. Des activités culturelles et commémoratives en langue des signes sont prévues à cette occasion.

« Rien sur nous sans nous »

À travers cette campagne, l’AST entend également promouvoir le principe « Rien sur nous sans nous », qui traduit sa volonté de voir les personnes sourdes participer directement à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques publiques qui les concernent.

L’association souhaite ainsi que la Langue des Signes Togolaise soit davantage valorisée et que les personnes sourdes puissent accéder, dans des conditions adaptées, aux services publics, à l’éducation, à l’emploi, à l’information et aux espaces de participation citoyenne. « La société togolaise doit comprendre que les personnes sourdes ne demandent pas la pitié, mais leur place dans la société », rappelle l’AST.

Avec la conférence de presse du 25 septembre et la célébration annoncée du 16 octobre, l’association entend faire du cinquantenaire de la langue des signes au Togo à la fois un moment de mémoire et une nouvelle étape de son plaidoyer pour les droits et l’inclusion des personnes sourdes.

La rédaction

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