À Lomé, la Journée mondiale de l’architecture et de l’habitat a été célébrée ce 8 octobre 2026 par l’ordre national des architectes du Togo (ONAT). Placée sous le thème « Un logement convenable pour tous », la célébration consacrée aux enjeux de l’habitat et du développement urbain. L’initiative a permis de replacer la question du logement au cœur des préoccupations sociales, économiques et environnementales du pays.
Pour le président du Conseil supérieur de l’ONAT, Péyébinesso Limazie, l’architecture ne saurait être réduite à la simple conception des bâtiments. Elle doit avant tout répondre aux besoins des populations et intégrer les réalités économiques, sociales et climatiques propres au contexte togolais. « Un logement décent pour tous, c’est avoir un terrain dans un lieu accessible qui nous permette d’aller travailler, mais aussi de vivre et de nous épanouir », a-t-il expliqué, mettant ainsi en évidence le lien étroit entre habitat, mobilité, emploi et qualité de vie.
Une responsabilité qui implique d’autres acteurs
L’accès à un logement convenable constitue, selon l’ONAT, un défi qui ne peut être relevé par les seuls professionnels de l’architecture. Architectes, urbanistes, aménagistes, collectivités territoriales, institutions publiques, établissements financiers, entreprises, universitaires, partenaires au développement et populations sont appelés à conjuguer leurs efforts pour favoriser un habitat accessible, sûr et durable.
Dans cette perspective, l’Ordre met également en avant la valorisation des matériaux locaux et l’innovation dans les techniques de construction, susceptibles de contribuer à réduire les coûts tout en proposant des solutions adaptées aux réalités du pays.
Péyébinesso Limazie a par ailleurs insisté sur l’ouverture de la profession au grand public. « L’architecture n’est pas un métier fermé, c’est un métier de vie, un métier de tous les jours », a-t-il déclaré. Une approche qui se traduit notamment par l’organisation annuelle de rencontres destinées à rapprocher les architectes des populations et à favoriser le dialogue autour des problématiques d’habitat.
Les pouvoirs publics mettent en avant les réformes
Prenant la parole au nom du ministre de l’Aménagement du territoire, Aïdam Koudjo a rappelé les différentes actions engagées par les pouvoirs publics dans les domaines de l’habitat, de l’urbanisme et de la sécurisation foncière. Parmi les mesures évoquées figurent le renforcement de la planification urbaine, la modernisation des procédures de permis de construire, le contrôle des constructions ainsi que les initiatives visant à faciliter l’accès à des logements abordables.
La célébration de cette journée s’inscrit également dans un programme d’activités de sensibilisation prévues tout au long du mois d’octobre. Conférences, journées portes ouvertes et visites de contrôle des travaux de construction doivent notamment permettre de rapprocher davantage les professionnels du secteur et les services publics des citoyens.
L’ONAT à la rencontre du Togo : le rendez-vous pris pour janvier 2027
Cette dynamique se poursuivra avec la 6 ème édition de l’événement « L’ONAT à la rencontre du Togo », prévue du 28 au 30 janvier 2027 dans le Grand Lomé. Le rendez-vous sera consacré à une réflexion autour de trois enjeux étroitement liés : le logement décent, le lieu de travail décent et la ville planifiée.
Le lancement officiel de cette édition a été effectué lors de la conférence de presse par le Gouverneur du District autonome du Grand Lomé, Zouréhatou Kassah-Traoré. Elle a salué une initiative permettant de rapprocher les professionnels de l’architecture des territoires, des institutions et des populations.
Ancienne ministre des travaux publics a également appelé les collectivités territoriales, les institutions, les partenaires, les universitaires et les citoyens à s’impliquer pleinement dans cette rencontre. « La réussite d’une telle initiative repose sur la capacité des acteurs à y prendre part, à dialoguer et à contribuer de manière constructive », a-t-elle souligné.
À travers cette mobilisation, l’ONAT entend faire de l’habitat une question collective, au-delà des seules considérations architecturales. Dans un contexte d’urbanisation croissante, l’enjeu est désormais de construire des villes mieux organisées, plus inclusives et plus résilientes, où l’accès à un logement décent ne constitue pas un privilège, mais une perspective accessible au plus grand nombre.
La rédaction



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