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samedi 15 août 2026
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Bénin : Victor Topanou s’interroge sur l’applicabilité de certaines prérogatives du Sénat

 

Au Bénin, le débat autour de la création du futur Sénat continue d’alimenter les discussions politiques et institutionnelles. Alors que certains acteurs de la société civile et de la classe politique s’inquiètent des prérogatives accordées à cette nouvelle chambre par la Constitution révisée, le professeur Victor Topanou adopte une lecture à la fois critique et pragmatique de la situation.

 

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L’universitaire estime que les interrogations suscitées par cette réforme sont parfaitement compréhensibles. Selon lui, certaines dispositions contenues dans la nouvelle Constitution peuvent légitimement nourrir des inquiétudes au sein de l’opinion publique. Il reconnaît ainsi que plusieurs mesures « peuvent interpeller » et « ne pas rassurer ».

 

Pour autant, Victor Topanou refuse de condamner les voix critiques qui alertent sur d’éventuels risques de dérives politiques. À ses yeux, le rôle d’une partie des observateurs consiste précisément à attirer l’attention sur les possibles failles institutionnelles. Il considère donc que ces mises en garde participent au fonctionnement normal du débat démocratique.

 

Cependant, contrairement à ceux qui redoutent un Sénat capable de devenir un instrument de contrôle politique ou de règlement de comptes, l’enseignant-chercheur doute surtout de la capacité réelle de l’institution à exercer pleinement certains de ses pouvoirs. D’après son analyse, la diversité des personnalités appelées à composer cette chambre haute limiterait fortement toute volonté d’action concertée à caractère coercitif.

 

Pour illustrer son propos, Victor Topanou évoque plusieurs figures politiques majeures du pays, notamment les anciens présidents Nicéphore Soglo et Thomas Boni Yayi, ainsi que d’autres personnalités comme Robert Dossou , Théodore Holo, Bruno Amoussou, Mathurin Nago et Adrien Houngbédji Idji. Selon lui, il paraît difficile d’imaginer ces différentes figures s’unir pour sanctionner un acteur politique en raison de ses prises de position.

 

Le professeur se dit ainsi convaincu que certaines dispositions prévues par les textes risquent, dans la pratique, de demeurer inapplicables. Il rappelle d’ailleurs que l’histoire constitutionnelle regorge d’exemples de mécanismes juridiques adoptés sans que les autorités ne soient véritablement en mesure de les appliquer.

Dans cette perspective, le futur Sénat béninois pourrait davantage se heurter aux réalités politiques du terrain qu’incarner une institution toute-puissante, comme le craignent certains observateurs.

 

La rédaction