Réunis à Lomé du 3 au 5 août 2026, les acteurs du Système d’assurance Carte Brune de la CEDEAO ont placé la digitalisation de la gestion des sinistres au cœur de leur deuxième réunion zonale de l’année. Une réforme présentée comme indispensable pour accélérer l’indemnisation des victimes d’accidents transfrontaliers, renforcer la transparence et consolider l’intégration régionale.
La Carte Brune à l’heure du numérique
Lomé accueille depuis lundi 3 août 2026 la deuxième réunion zonale 2026 du Système d’assurance Carte Brune de la CEDEAO. Pendant trois jours, responsables des bureaux nationaux, compagnies d’assurance, experts et partenaires techniques se penchent sur les moyens de moderniser la gestion des sinistres transfrontaliers dans un espace ouest-africain marqué par une mobilité croissante des personnes et des marchandises.Placée sous le thème « Numérisation de la gestion des sinistres : améliorer l’efficacité, la transparence et le règlement transfrontalier des sinistres », la rencontre entend poser les bases d’un système d’indemnisation plus rapide, plus fiable et davantage adapté aux réalités contemporaines.
Au centre des échanges : la dématérialisation des procédures, le partage sécurisé des informations entre bureaux nationaux et l’amélioration du suivi des dossiers d’accidents survenus au-delà des frontières.
Un instrument au service de la libre circulation
À l’ouverture des travaux, le ministre chargé de l’Assurance maladie universelle, Jean-Marie Koffi Ewonoulé-Tessi, a rappelé la portée stratégique du Système Carte Brune dans l’espace communautaire.Selon lui, la Carte Brune constitue « l’un des instruments les plus concrets au service de la libre circulation des personnes, des biens et des services » au sein de la CEDEAO.
Son importance dépasse ainsi le seul cadre assurantiel.
En facilitant l’indemnisation des victimes d’accidents impliquant des véhicules en circulation transfrontalière, le dispositif contribue également à sécuriser les corridors communautaires et à créer un climat de confiance propice au commerce, au tourisme et aux investissements.Mais l’intensification des échanges impose désormais une adaptation du système. Pour le ministre Tessi, la transformation numérique apparaît comme une réponse incontournable à ces nouveaux défis.
Digitaliser pour gagner en efficacité et en transparence
La numérisation doit notamment permettre de réduire les délais de traitement, d’améliorer la traçabilité des dossiers et de fluidifier la circulation de l’information entre les différents acteurs du système.Elle constitue également un outil de lutte contre la fraude, en renforçant les mécanismes de contrôle et la fiabilité des données échangées entre les bureaux nationaux.
Le ministre a, dans cette perspective, mis en avant les avancées enregistrées par le Togo dans la transformation numérique de plusieurs secteurs, notamment la santé, l’administration et la protection sociale. Il a invité le secteur des assurances à s’inscrire pleinement dans cette dynamique.Au cours de la rencontre, Jean-Marie Koffi Ewonoulé-Tessi a également reçu une distinction en hommage à son engagement en faveur du secteur de l’assurance.
Vers une gouvernance plus moderne du système
Le président du Conseil des Bureaux, Habib Dia, a, pour sa part, salué l’engagement du Togo et appelé à accélérer la transformation numérique du Système Carte Brune. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer la gouvernance et la coopération avec le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), dans la perspective de la Vision 2050 de la CEDEAO. « Faisons de cette rencontre un catalyseur de la modernisation du système au bénéfice des citoyens ouest-africains », a-t-il exhorté.
Représentant le président de la Commission de la CEDEAO, Dweh Emily Gray a également plaidé pour une modernisation en profondeur des mécanismes de prise en charge des victimes d’accidents transfrontaliers. Elle a notamment insisté sur le renforcement des cadres institutionnels, de la cybersécurité, des compétences techniques et des partenariats, autant de conditions nécessaires à la mise en place d’un système d’assurance transfrontalière plus performant et plus résilient.
Lomé, capitale de la coordination transfrontalière
Le choix de Lomé pour abriter cette rencontre revêt une dimension particulière. La capitale togolaise accueille en effet le siège du Système Carte Brune et demeure, à ce titre, au cœur de la coordination du règlement des sinistres transfrontaliers dans l’espace communautaire.Le président du Bureau national du Togo, Koffi Assignon, a rappelé cette responsabilité particulière qui incombe au pays.
À l’issue des trois jours de travaux, les participants devront formuler des recommandations concrètes en vue d’accélérer la transformation du système. L’ambition est claire est de faire de la digitalisation un véritable levier de modernisation de la Carte Brune, afin de garantir une indemnisation plus rapide et plus transparente des victimes, tout en renforçant la protection des usagers de la route.
Au-delà de la technologie, l’enjeu est donc profondément communautaire : construire un espace ouest-africain où la libre circulation s’accompagne d’une protection assurantielle efficace
Ocansey Y.



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