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Afric’innov Summit 2026 à Lomé : les acteurs de l’entrepreneuriat africain appelés à repenser l’accompagnement à l’ère de l’IA

Près de 200 participants issus de 18 pays africains prennent part, du 5 au 7 novembre à Lomé, au sommet des dix ans d’Afric’innov. Les échanges portent sur l’avenir des structures d’accompagnement entrepreneurial face aux mutations liées à l’intelligence artificielle. Ils déboucheront sur l’adoption du Manifeste de Lomé.

Dix ans au service de l’entrepreneuriat innovant en Afrique

L’Afric’innov Summit 2026 a officiellement ouvert ses travaux ce vendredi 6 novembre à l’hôtel Sarakawa de Lomé. Cette édition anniversaire réunit des incubateurs, accélérateurs, investisseurs, institutions publiques et partenaires au développement autour des enjeux de l’innovation en Afrique.

Créé en 2016 avec le soutien de l’Agence française de développement (AFD), Afric’innov fédère aujourd’hui plus de 130 structures d’accompagnement dans 26 pays africains. Le réseau œuvre à leur professionnalisation et au renforcement des écosystèmes entrepreneuriaux du continent.

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L’intelligence artificielle, un défi pour les structures d’accompagnement

Placée sous le thème « Réinventer l’accompagnement entrepreneurial à l’ère de l’intelligence artificielle », la rencontre interroge la valeur ajoutée des incubateurs et accélérateurs face à des entrepreneurs désormais capables d’utiliser l’IA pour analyser leurs marchés, élaborer leurs business plans et définir leurs stratégies.

Pour le président d’Afric’innov, Christian Jekinnou, cette évolution impose aux structures de repenser leurs méthodes. « Notre utilité ne se décrète pas. Elle se démontre », a-t-il déclaré, estimant que l’IA ne met pas fin à leur mission, mais les oblige à en démontrer davantage la pertinence.

Le Togo au cœur d’une réflexion panafricaine

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le commandant Romaric Agbagla, directeur du Togo AI Lab, représentant la ministre en charge de l’Économie numérique et de la Transformation digitale, qui a officiellement lancé les travaux. Plusieurs personnalités étaient présentes, notamment Sitou K. Yibokou, président du RISAT, Christian Jekinnou, Bettina Maier Neme de la GIZ Togo et Thi Hoang Mai Tran, représentante de l’OIF pour l’Afrique de l’Ouest.

Les échanges ont notamment été marqués par une keynote de Grégoire de Padirac, directeur général de Digital Africa, sur les conditions permettant de transformer l’adoption de l’IA en création de valeur économique, suivie d’un panel consacré aux perspectives de cette technologie pour l’entrepreneuriat africain.

Quatre axes pour transformer les écosystèmes entrepreneuriaux

En préparation du sommet, le programme « Road to Lomé », lancé en juillet 2026, a mobilisé des acteurs d’une vingtaine de pays autour de quatre laboratoires : l’évolution du label qualité, le financement des structures d’accompagnement, l’intégration de l’IA dans leurs métiers et les politiques publiques de soutien aux écosystèmes entrepreneuriaux.

Ces travaux visent à renforcer les capacités des SAE, à améliorer leur accès aux financements et à consolider leur rôle d’intermédiaires entre entrepreneurs, investisseurs et pouvoirs publics.

Le Manifeste de Lomé attendu pour le 7 novembre

Prévu pour ce samedi 7 novembre, le Manifeste de Lomé constituera l’un des principaux résultats du sommet. Il définira des orientations communes sur le financement, les infrastructures numériques, les politiques publiques, la gouvernance responsable de l’IA et l’inclusion.

Une feuille de route accompagnera sa mise en œuvre, avec des expérimentations, une initiative « AI-ready », l’évolution du label qualité et un mécanisme de suivi. L’ambition, selon Christian Jekinnou, n’est pas de produire « un document de plus », mais de faire émerger « des convictions, des propositions et […] des actions concrètes ».

Une ambition collective pour les dix prochaines années

Le sommet bénéficie du soutien du gouvernement togolais, à travers l’Agence Togo Digital et le Djanta Tech Hub, ainsi que de la GIZ, du Luxembourg, de l’Union européenne, de l’International Trade Centre et de l’OIF. Les 18 délégations participantes témoignent de la dimension panafricaine de cette rencontre.

Au-delà de la célébration de ses dix ans, Afric’innov entend ainsi poser les bases d’une nouvelle dynamique pour l’entrepreneuriat innovant. Pour son président, l’enjeu des dix prochaines années est de faire en sorte que la présence du réseau « ait fait une différence » dans la transformation des écosystèmes entrepreneuriaux africains.

la rédaction

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