La filière soja togolaise ambitionne de franchir un nouveau cap. La campagne 2026-2027 de commercialisation du soja graine et de ses produits dérivés a été officiellement lancée ce vendredi 6 novembre 2026 à Lomé, avec un objectif de 300 000 tonnes. Entre revalorisation de la production nationale, renforcement de la transformation locale et amélioration de la traçabilité, les acteurs entendent consolider les acquis de la filière et accroître sa compétitivité sur les marchés.
Un objectif de commercialisation en hausse de 20 %
Pour cette huitième édition, les producteurs, transformateurs et commerçants-exportateurs se sont accordés sur un volume prévisionnel de 300 000 tonnes de soja graine, contre 250 000 tonnes lors de la précédente campagne, soit une progression de 20 %. Le prix plancher d’achat bord-champ est, quant à lui, maintenu à 220 FCFA le kilogramme, conformément au consensus trouvé le 15 octobre dernier entre les différentes familles professionnelles. La campagne, qui s’étend du 6 novembre 2026 au 5 novembre 2027, est placée sous le thème : « Le soja togolais : transformer localement, financer durablement et conquérir les marchés de demain ».
Présidant la cérémonie au nom du ministre du Commerce, le secrétaire général du ministère, Comlan Nomadoli Yakpey, a salué les efforts de concertation ayant abouti à ces accords interprofessionnels.
La transformation locale au cœur des priorités
L’une des principales orientations de cette nouvelle campagne concerne la sécurisation de l’approvisionnement des unités de transformation installées au Togo. À cet effet, une période moratoire est prévue jusqu’au 5 décembre 2026 pour le soja biologique et jusqu’au 31 janvier 2027 pour le soja conventionnel, afin de permettre aux transformateurs locaux de disposer prioritairement de la matière première.
Cette mesure traduit la volonté de favoriser la valorisation locale de la production avant les opérations d’exportation. « Une période moratoire plus élargie est prévue pour protéger l’approvisionnement des unités de transformation », a expliqué Koriko Mounirou, président du Conseil interprofessionnel de la filière soja (CIFS-Togo), qui insiste également sur le renforcement des mécanismes de contrôle et de suivi des transactions.
Traçabilité numérique et encadrement des opérations commerciales
Au-delà des objectifs de production et de transformation, les accords interprofessionnels introduisent des exigences destinées à améliorer la transparence des opérations commerciales. Désormais, toute cargaison de soja transportée depuis l’intérieur du pays vers les unités de transformation ou les autres destinations devra être accompagnée d’un bordereau numérique de suivi délivré à travers l’application Trace Soja et d’un bordereau de transport émis par l’acheteur.
Les exportateurs devront également justifier d’au moins 15 % d’intentions d’achat locales pour obtenir leur agrément. Une contribution de 0,5 FCFA par kilogramme est par ailleurs maintenue pour financer le fonctionnement du CIFS-Togo et ses activités stratégiques. Des comités d’étude des dossiers, de veille sur les prix et les quotas ainsi que de discipline ont également été institués pour veiller au respect des engagements.
Huit années de structuration et de croissance de la filière
Lancée en 2018 avec l’appui du Secrétariat de mise en œuvre du Cadre intégré renforcé, la dynamique de structuration de la filière a permis de fédérer les producteurs, les transformateurs et les commerçants-exportateurs au sein du CIFS-Togo, notamment à travers leurs organisations professionnelles respectives.
En huit ans, la production nationale serait passée d’environ 25 000 tonnes à plus de 260 000 tonnes, tandis que près de 200 000 ménages tireraient leurs revenus de cette activité. En marge du lancement officiel, une Journée portes ouvertes a permis d’approfondir les réflexions sur les opportunités offertes par le soja biologique, les mécanismes de financement, la productivité et les perspectives de transformation locale. Les recommandations issues des deux panels organisés devront contribuer à la mise en œuvre du plan stratégique de développement de la filière.
Un appel au respect des engagements interprofessionnels
La cérémonie a également été marquée par la signature des accords interprofessionnels, qui définissent les relations contractuelles entre les trois grandes familles professionnelles et encadrent les transactions pour la nouvelle campagne.
À cette occasion, Koriko Mounirou a appelé chaque catégorie d’acteurs à assumer ses responsabilités afin de garantir le bon déroulement des opérations. « Chers producteurs, organisez-vous en groupe pour respecter, livrer et respecter la qualité. Pour les transformateurs, honorez vos engagements d’achat. À vous commerçants-exportateurs, respectez les quotas et les règles d’agrément », a-t-il exhorté. Il a également sollicité l’accompagnement des autorités et des services de contrôle pour assurer l’application effective des nouvelles dispositions sur le terrain.
À travers ces engagements, le CIFS-Togo entend faire de la campagne 2026-2027 une étape supplémentaire dans la consolidation d’une filière appelée à jouer un rôle accru dans la création de richesse, l’emploi et le développement économique du pays.



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