La Société Nouvelle des Phosphates du Togo (SNPT) a officiellement lancé, le 30 octobre 2026, à Sagonou, dans le canton d’Abobo, commune de Zio 1, un projet pilote de réinstallation des populations affectées par les activités minières. Au-delà du relogement, cette initiative entend promouvoir un modèle de développement communautaire associant logements modernes, activités agricoles et infrastructures socioéconomiques.
Un nouveau modèle de réinstallation des populations
L’exploitation minière ne devrait pas se traduire par la seule perte des terres et le déplacement des communautés riveraines. C’est dans cette perspective que la SNPT entend expérimenter une nouvelle approche de réinstallation, fondée sur l’amélioration durable des conditions de vie des populations concernées.
La cérémonie de lancement, marquée par la pose de la première pierre, s’est déroulée en présence d’Essomanam Edjeba, président du Conseil d’administration de la SNPT, d’Abalo Michel Kézie, directeur général de la société, ainsi que de parlementaires, d’autorités administratives, régionales, municipales et traditionnelles des préfectures de Zio et de Vo.
Dans son intervention, le PCA de la SNPT a tenu à préciser la philosophie du projet : « Loin d’être un simple investissement immobilier de la SNPT, le projet est une expérimentation communautaire qui se réalisera avec et pour les populations locales, afin d’améliorer leur cadre de vie et d’optimiser leurs activités économiques pour les rendre plus prospères. »
Des logements modernes et des infrastructures structurantes
Dans sa phase expérimentale, le projet prévoit la construction de dix logements témoins intégrés dans un environnement aménagé. Chaque habitation disposera notamment d’une cuisine, de sanitaires individualisés, ainsi que d’un accès à l’eau et à l’électricité.
À ces infrastructures s’ajouteront des parcelles agricoles irriguées par un système de goutte-à-goutte, destinées à favoriser la production de cultures à forte valeur ajoutée, notamment la tomate, le piment, l’oignon et le gingembre. Le dispositif sera également renforcé par un hub logistique communautaire comprenant un forage, un château d’eau, une alimentation solaire, des locaux administratifs, des pépinières, des entrepôts d’intrants et des équipements agricoles mutualisés.
Des unités de transformation du maïs et du manioc ainsi qu’un comptoir commercial sont également prévus pour stimuler l’économie locale. Pour le directeur général de la SNPT, Abalo Michel Kézie, « réinstaller, ce n’est pas déplacer des maisons, c’est offrir un meilleur cadre de vie, préserver les revenus et renforcer la communauté tout entière ».
Une démarche participative au service du développement local
Au-delà des infrastructures, la SNPT entend faire de l’adhésion des populations un levier essentiel de réussite du projet. Les familles concernées sont ainsi associées au processus afin qu’elles deviennent pleinement actrices de leur nouvelle dynamique de vie. « À Sagonou, les familles ne sont pas des bénéficiaires passifs ; elles sont les actrices de leur nouvel avenir », a souligné Abalo Michel Kézie.
Dans le même élan, des travaux d’aménagement de pistes, de création de nouvelles voies et d’extension des réseaux d’eau et d’électricité sont annoncés pour améliorer l’accessibilité de la localité et renforcer son attractivité. Cette orientation a reçu un accueil favorable des autorités traditionnelles. S’exprimant au nom des habitants, le chef du village de Sagonou, Togbui Afatchao Akpalo III, a exprimé sa satisfaction : « Nous sommes très contents, nous remercions les autorités et la SNPT pour cette politique sociale. Nous ne doutons pas de la réussite de ce projet, car nous avons reçu des explications de long en large. Toute la population dit merci. »
Une ambition appelée à s’étendre aux autres communautés
Présenté comme une première étape d’un programme plus vaste de développement des territoires ruraux, le projet de Sagonou pourrait servir de modèle pour d’autres localités affectées par les activités minières. La SNPT envisage notamment le déploiement d’autres hubs logistiques adaptés aux réalités économiques des communautés, particulièrement dans le domaine de l’élevage, au bénéfice également des populations déplacées par le passé. La société entend, par ailleurs, renforcer ses interventions sociales de proximité et améliorer l’impact de sa contribution financière annuelle au profit des communes riveraines.
À travers cette initiative, l’entreprise ambitionne ainsi de dépasser la logique classique de compensation foncière pour inscrire la réinstallation dans une perspective de développement économique et social. Reste désormais à faire de cette expérimentation un modèle opérationnel dont les effets pourront être durablement mesurés sur les conditions de vie et les revenus des communautés concernées.



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