À Lomé, experts, responsables institutionnels, universitaires et partenaires techniques se sont réunis dans le cadre d’une consultation régionale ouest-africaine organisée par l’UNESCO autour des Ressources éducatives libres (REL), de l’Accès Ouvert et des Données Ouvertes. Cette rencontre de haut niveau a mis en lumière les enjeux liés à la démocratisation du savoir, à la transformation numérique et à la souveraineté scientifique des États africains.
Prenant la parole à l’ouverture des travaux, Jacques Dang, secrétaire du conseil d’administration de l’Université Numérique de France et responsable de la coopération internationale de l’institution, a salué l’engagement du Togo en faveur de l’éducation numérique et de l’innovation. Il a rappelé que le pays s’illustre depuis plusieurs années comme un acteur majeur des initiatives africaines sur les ressources éducatives libres, notamment à travers l’accueil de rencontres régionales soutenues par l’UNESCO et l’Agence française de développement (AFD).
Dans son intervention, Jacques Dang a souligné que les solutions ouvertes ressources éducatives libres, logiciels libres, données ouvertes et accès ouvert à l’information scientifique constituent aujourd’hui des leviers essentiels pour répondre aux défis mondiaux liés à l’éducation, à la réduction des inégalités et au développement économique. S’appuyant sur les articles 19 et 27 de la Déclaration universelle des droits de l’homme ainsi que sur plusieurs Objectifs de Développement Durable, il a insisté sur la nécessité de garantir une circulation libre et inclusive du savoir.

Le représentant de l’Université Numérique de France a également mis en avant le rôle central de l’UNESCO à travers plusieurs instruments internationaux, notamment la Recommandation de 2019 sur les Ressources éducatives libres, celle de 2021 sur la science ouverte et la Déclaration de Dubaï de 2024. Selon lui, ces cadres normatifs favorisent l’émergence de plateformes publiques d’apprentissage numérique interopérables et adaptées aux nouveaux défis technologiques, y compris ceux liés à l’intelligence artificielle.
De son côté, la représentante résidente de la CEDEAO au Togo, Son Excellence Deweh Emily Gray, intervenant au nom du président de la Commission de la CEDEAO, a insisté sur les mutations profondes engendrées par l’essor du numérique et de l’intelligence artificielle dans les systèmes éducatifs et scientifiques. Elle a estimé que les ressources éducatives libres et les données ouvertes représentent désormais des instruments stratégiques pour renforcer la coopération scientifique, soutenir l’innovation et favoriser l’inclusion des jeunes, des femmes et des groupes vulnérables.

La diplomate a rappelé que ces ambitions s’inscrivent dans la Vision 2050 de la CEDEAO, centrée sur le développement du capital humain, l’éducation inclusive et la transformation numérique. Elle a notamment évoqué le Forum des Jeunes sur l’Intelligence Artificielle organisé récemment à Lomé par la Commission de la CEDEAO, qui a permis de réfléchir aux opportunités offertes par l’IA dans les domaines de l’éducation, de l’entrepreneuriat et de l’innovation en Afrique de l’Ouest.
Au terme des allocutions, les différents intervenants ont appelé à une meilleure coordination régionale des initiatives, à la consolidation des cadres politiques et numériques ainsi qu’à l’élaboration d’une feuille de route commune en faveur des solutions ouvertes. Tous ont exprimé le souhait que cette consultation régionale débouche sur des recommandations concrètes capables de renforcer durablement l’accès au savoir, à la recherche et à l’innovation dans l’espace ouest-africain.
La rédaction


