À l’occasion de la 10ᵉ Journée africaine de lutte contre la corruption, le Togo a réaffirmé son engagement en faveur d’une gouvernance fondée sur l’intégrité, la transparence et la redevabilité. Réunis à Lomé ce vendredi 10 juillet, autour du thème continental « Intensifier la promotion de l’intégrité et les actions de lutte contre la corruption à travers l’Afrique », les acteurs institutionnels, les partenaires techniques et la société civile ont lancé un appel à une mobilisation collective face à un phénomène qui continue de freiner le développement du continent.
Prenant la parole à cette occasion, le président de la Haute Autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HAPLUCIA), Aba Kimelabalou, a rappelé que la corruption demeure l’un des principaux obstacles à la gouvernance démocratique, à l’efficacité de l’action publique et à l’attractivité économique des États africains. Selon lui, aucune stratégie de développement durable ne peut produire des résultats durables sans une culture profondément ancrée de l’intégrité.
S’appuyant sur la Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption, adoptée à Maputo en 2003, le magistrat a souligné que les États africains sont appelés à renforcer simultanément la prévention, la répression, la coopération judiciaire et les capacités des institutions spécialisées afin de répondre efficacement aux nouvelles formes de corruption.
La bataille contre ce fléau ne peut être gagnée par les seuls organes de contrôle. Elle exige également une transformation des comportements et des valeurs citoyennes. Le président de la HAPLUCIA a insisté sur l’importance d’inculquer dès le plus jeune âge les principes de probité, de responsabilité et de respect du bien public, estimant que « la lutte contre la corruption se gagne aussi dans les écoles, les universités et les familles ».
Évoquant la situation togolaise, Aba Kimelabalou a mis en avant les réformes engagées ces dernières années pour renforcer la gouvernance publique. Il a notamment cité le développement d’un cadre juridique plus robuste, le renforcement des institutions de contrôle, ainsi que la création de la Haute Autorité pour la Transparence, l’Intégrité de la vie publique et la lutte contre la corruption (HATIC), prévue par la Constitution de mai 2024.
Le président de la HAPLUCIA a également dressé le bilan des actions menées par son institution. Parmi les principales réalisations figurent l’élaboration de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la corruption, les campagnes nationales de sensibilisation, les formations destinées aux acteurs publics et privés, ainsi que l’étude nationale sur la perception et le coût de la corruption au Togo.
L’une des initiatives les plus structurantes demeure, selon lui, l’intégration de l’éducation à la lutte contre la corruption dans les programmes d’enseignement et de formation. Ce projet vise à former une nouvelle génération de citoyens attachés aux valeurs d’intégrité, d’éthique et de bonne gouvernance.
Sur le plan international, la HAPLUCIA poursuit le renforcement de sa coopération avec les institutions spécialisées de la CEDEAO ainsi qu’avec plusieurs partenaires techniques et financiers, notamment l’ONUDC, le PNUD, la Banque mondiale, l’Union européenne, la Banque africaine de développement et la BOAD. Une coopération qui, selon son président, traduit la reconnaissance des progrès accomplis par le Togo dans la prévention et la lutte contre la corruption.
Aba Kimelabalou a lancé un appel à l’ensemble des pouvoirs publics, du secteur privé, des médias, de la société civile et des citoyens afin qu’ils deviennent des acteurs permanents de l’intégrité. Pour lui, l’avenir de l’Afrique dépend de la capacité des États à faire de la transparence, de la responsabilité et de l’éthique les fondements de leur gouvernance.
À travers cette célébration, le Togo entend ainsi inscrire son action dans la dynamique continentale visant à faire de l’intégrité non plus une simple valeur proclamée, mais un véritable levier de développement économique, de stabilité institutionnelle et de confiance entre les citoyens et leurs institutions.


