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Projet FFF au Togo : sept ans d’acquis et de leçons avant une possible troisième phase

Lancé en 2019 avec l’appui de la FAO, le projet Forest and Farm Facility (FFF), phase II , arrive au terme de son cycle de mise en œuvre au Togo. Ouverte ce mardi 29 septembre 2026, à Lomé, la rencontre de capitalisation réunit les acteurs du programme pour examiner sept années d’intervention, documenter les résultats obtenus et dégager des pistes en vue d’une éventuelle troisième phase.

Depuis son lancement officiel en avril 2019, le mécanisme FFF a mobilisé 4 673 794 dollars américains pour accompagner les organisations de producteurs forestiers et agricoles. Au total, 299 organisations ont bénéficié des appuis du programme durant la période 2019-2026. Ces interventions ont notamment porté sur le renforcement des capacités, la gouvernance des ressources naturelles, la restauration des paysages et le développement d’activités contribuant à l’amélioration des moyens de subsistance des communautés rurales.

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Capitaliser sept années d’expérience

La rencontre organisée à Lomé vise avant tout à tirer les enseignements de cette deuxième phase. Il s’agit d’examiner les actions réalisées, les résultats obtenus, les mécanismes mis en place, mais aussi les difficultés rencontrées et les innovations développées par les organisations bénéficiaires.

Pour le lieutenant-colonel DIMIZOU Aoufoh Koffi, secrétaire général du ministère de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique, l’enjeu dépasse le simple bilan du projet. Les expériences acquises doivent pouvoir nourrir les futures interventions en milieu rural. « Ce que nous voulons retenir, c’est toute la philosophie d’intervention qui est nécessaire et qui doit être capitalisée pour nos interventions en milieu rural », a-t-il expliqué. Selon lui, la documentation des résultats est indispensable pour permettre la reproduction des démarches ayant produit des effets positifs.

299 organisations accompagnées

La mise en œuvre du FFF a reposé sur des appuis techniques et financiers destinés aux 299 organisations de producteurs forestiers et agricoles (OPFA) bénéficiaires. L’objectif était notamment de renforcer leur organisation interne, leurs capacités d’action et leur participation aux mécanismes de gouvernance des ressources naturelles.

La capitalisation de cette expérience a été confiée au Centre d’études et de recherche sur les organisations, la communication et l’éducation (CEROCE) de l’Université de Lomé. Pour le professeur GNANE Napa, chef de mission, le travail consiste à reconstituer les différentes étapes du programme afin de comprendre aussi bien ses réalisations que les processus ayant permis de les atteindre. « Il s’agissait pour nous de pouvoir capitaliser les acquis de ce programme : qu’est-ce qui a été fait, qu’est-ce qu’on a obtenu comme résultats et, de façon globale, comment les processus ont été conduits ? », a-t-il indiqué.

Des organisations qui se structurent et innovent

Les premiers résultats de la capitalisation font ressortir plusieurs évolutions au sein des OPFA. Certaines organisations ont engagé des processus de restructuration, adopté ou actualisé leurs textes et amélioré leur fonctionnement interne.

La participation des femmes et des jeunes figure également parmi les changements relevés par l’équipe chargée de l’étude. « Plusieurs OPFA ont pu se reconstruire, se restructurer, se doter notamment de textes. On a pu voir que, dans plusieurs OPFA, les femmes ont pu se faire une place, notamment les jeunes », a relevé le professeur GNANE Napa.

Au-delà des activités initialement prévues, certaines organisations ont également développé leurs propres réponses aux réalités locales. Le CEROCE relève ainsi une capacité d’adaptation et d’innovation des bénéficiaires. « Au-delà du programme, les OPFA ont pu innover. En dehors de ce qui était prévu et conduit, les OPFA ont pu innover, s’adapter », souligne le chef de mission.

Restaurer les paysages tout en améliorant les revenus

L’approche du FFF repose sur une articulation entre protection et restauration des ressources forestières, résilience climatique et amélioration des moyens de subsistance. Le programme entend ainsi associer les objectifs environnementaux aux préoccupations économiques et sociales des populations rurales.

Dans cette dynamique, la CETOP a notamment contribué aux actions de plaidoyer et à la transmission des préoccupations des organisations de producteurs vers les politiques publiques nationales. Le dispositif a ainsi cherché à renforcer la place des organisations paysannes dans les processus de décision relatifs à la gestion des ressources naturelles.

Vers une éventuelle troisième phase

Avec 2026 comme dernière année de mise en œuvre de la phase II, la question de la suite du mécanisme se pose désormais. Les discussions engagées à Lomé doivent notamment permettre d’identifier les enseignements susceptibles d’être pris en compte dans une éventuelle troisième phase.

Il ne s’agit toutefois pas encore d’annoncer une nouvelle phase comme acquise, mais de fournir aux décideurs et aux partenaires les éléments nécessaires à une éventuelle poursuite du mécanisme. Parmi les pistes évoquées figure notamment la possibilité d’élargir les bénéfices du dispositif à d’autres organisations qui n’avaient pas été retenues au cours des précédentes étapes.

Au terme de sept années d’intervention, l’atelier de capitalisation ouvert ce 29 septembre 2026 à Lomé constitue donc une étape de bilan et de réflexion. À travers l’examen des acquis, des limites et des innovations, les acteurs cherchent à transformer l’expérience du Forest and Farm Facility – Phase II en enseignements opérationnels pour les prochaines politiques de restauration des paysages, de résilience climatique et de développement rural au Togo.

La rédaction

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